Jour 1 — Les fondamentaux de l’analyse financière

Analyse financière et stratégique · INSEEC MSc

Programme de la journée

Journée de 9 h 00 à 12 h 00 et de 13 h 30 à 16 h 30, sur les comptes sociaux (PCG).

Horaire Bloc Durée Activité / quête
9:00 – 9:15 1.0 Ouverture 15 min Carte du cours, méthode en six étapes
9:15 – 9:45 1.1 Lire les états financiers 30 min Cours → Q1
9:45 – 10:45 1.2 Temple des Bilans (niveau 1) 60 min Quête 1 en équipes
10:45 – 11:30 1.3 Soldes intermédiaires de gestion 45 min Cours + retraitements
11:30 – 12:00 1.4 Capacité d’autofinancement 30 min Cours
13:30 – 14:15 1.5 Exercice A — CONCOURSMANIA / LECTRA 45 min SIG + CAF
14:15 – 15:00 1.6 Bilan fonctionnel 45 min Cours (→ Q3, optionnel)
15:00 – 15:30 1.7 Exercice B — CONCOURSMANIA / LECTRA 30 min FRNG, BFR, TN, ratios
15:30 – 16:15 1.8 Rentabilité et effet de levier 45 min Cours → Quête 4
16:15 – 16:30 1.9 Récap et demain 15 min 5 messages clés
Total 360 min

Objectifs

À la fin de la journée, vous saurez :

  • lire un bilan, un compte de résultat et vérifier leur cohérence ;
  • calculer les soldes intermédiaires de gestion et la capacité d’autofinancement ;
  • retraiter un crédit-bail, du personnel extérieur et des subventions ;
  • reclasser un bilan en approche fonctionnelle et calculer FRNG, BFR et trésorerie nette ;
  • interpréter ROCE, ROE et l’effet de levier financier ;
  • formuler une première appréciation du risque de crédit à partir de ratios.

Bloc 1.0 — Ouverture

Trois jours, un fil rouge

Jour Thème Étapes de la méthode
1 Les fondamentaux : états financiers, SIG, CAF, bilan fonctionnel, rentabilité bases des étapes 3 et 5
2 Banque de France, cotation, groupes et consolidation, performances 1 à 3
3 Structure financière, liquidité, décision de cotation, enjeux actuels 4 à 6

Le cours est organisé en quêtes : chaque activité rapporte des points d’expérience (XP), et l’examen valide l’ensemble.

La méthode en six étapes

flowchart LR
  E1["1<br/>Environnement,<br/>stratégie<br/>Jour 2"]
  E2["2<br/>Information<br/>(examen critique)<br/>Jour 2"]
  E3["3<br/>Performances<br/>Jour 1 + 2"]
  E4["4<br/>Structure<br/>financière<br/>Jour 3"]
  E5["5<br/>Liquidité<br/>Jour 3 (outils : jour 1)"]
  E6["6<br/>Décision<br/>de cotation<br/>Jour 2 aperçu, jour 3"]
  E1 --> E2 --> E3 --> E4 --> E5 --> E6

Évaluation et ressources

Convention de calcul

Le taux d’impôt sur les sociétés retenu pour les calculs approchés est 25 % (taux normal, art. 219 du CGI).

Pour aller plus loin

Bloc 1.1 — Lire les états financiers

Flux réels et flux monétaires

Flux

À un flux réel (biens ou services livrés ou reçus) correspond un flux monétaire : un paiement, ou la naissance d’une créance ou d’une dette.

Opération Flux réel Flux monétaire Trace comptable
Achat de marchandises stock entrant dette fournisseur, puis décaissement compte 6 (charge) / compte 401 puis 512
Vente de marchandises stock sortant créance client, puis encaissement compte 7 (produit) / compte 411 puis 512

La banque matérialise le flux monétaire ; la comptabilité enregistre les deux, au moment de l’opération et pas au moment du paiement.

La partie double

Toute opération produit un double mouvement : une ressource correspond toujours à un emploi.

Famille de comptes Augmente par le… Diminue par le…
Actif (classes 2, 3, 4, 5) débit crédit
Passif (classes 1, 4, 5) crédit débit
Charges (classe 6) débit crédit
Produits (classe 7) crédit débit

Un compte a un solde créditeur si le crédit dépasse le débit, débiteur dans le cas inverse.

Exemple — deux écritures

Opération Compte débité Compte crédité Montant
Achat comptant de marchandises Achats de marchandises (607) Banque (512) 1 000 €
Opération Compte débité Compte crédité Montant
Vente à crédit au client Dubois Client Dubois (411) Ventes de marchandises (707) 2 000 €

Dans chaque cas, un compte de gestion (6 ou 7) rencontre un compte de bilan (1 à 5) : c’est le lien entre compte de résultat et bilan.

Deux documents obligatoires

Le bilan

Photographie du patrimoine à une date : ce que l’entreprise possède (actif) et ce qu’elle doit (passif).

Le compte de résultat

Film de l’activité sur un exercice : produits − charges = bénéfice ou perte.

Le résultat de l’exercice est la charnière : il figure à la fois au compte de résultat et au passif du bilan (capitaux propres).

Structure du bilan et du compte de résultat

Bilan — Actif Bilan — Passif Compte de résultat
Immobilisations incorporelles, corporelles, financières Capitaux propres Produits et charges d’exploitation
Stocks et en-cours Provisions pour risques et charges Produits et charges financiers
Avances, créances clients, autres créances Emprunts et dettes financières Produits et charges exceptionnels
Valeurs mobilières, disponibilités Dettes d’exploitation et diverses Participation, impôt sur les bénéfices
Charges constatées d’avance Produits constatés d’avance Résultat de l’exercice

Les variations de stocks

Pour mesurer l’activité réelle d’un exercice, il faut corriger les achats de la variation de stocks :

\[ \text{Consommation} = \text{Achats} + \text{Stock initial} - \text{Stock final} \]

Un stock qui augmente réduit la charge de l’exercice (une partie des achats n’a pas été consommée) ; un stock qui baisse l’alourdit.

D’où viennent les données ?

  • Bilan, compte de résultat, annexe : comptes annuels déposés au greffe du tribunal de commerce.
  • Liasse fiscale : détail des postes (immobilisations, amortissements, provisions).
  • Rapport du commissaire aux comptes et rapport de gestion : qualité de l’information, faits marquants.
  • Tableau de flux de trésorerie : obligatoire en comptes consolidés, facultatif en comptes sociaux selon la taille.

Le premier réflexe de l’analyste : vérifier que les états se recoupent entre eux avant de calculer quoi que ce soit.

Pour aller plus loin

Bloc 1.2 — Le Temple des Bilans (niveau 1)

Règle du jeu

  • Équipes de 3 à 5 personnes.
  • Entreprise fictive : ALPHATECH SARL, trois états au 31/12/2024.
  • Les documents contiennent volontairement des erreurs : cherchez l’incohérence, la faute de logique, le lien comptable non respecté.
  • Chaque erreur justifiée par une règle comptable débloque un indice.

Trois contrôles de départ

  1. Le total de l’actif doit égaler le total du passif.
  2. Le résultat net doit être le même dans les trois états.
  3. La variation de trésorerie du tableau de flux doit expliquer l’écart entre trésorerie d’ouverture et de clôture, et rejoindre le bilan.

Données — ALPHATECH : bilan

Bilan au 31/12/2024, en €.

Actif Montant
Immobilisations corporelles 150 000
Immobilisations incorporelles 50 000
Stocks 40 000
Créances clients 90 000
Disponibilités 30 000
Total actif 340 000
Passif Montant
Capital social 100 000
Réserves 30 000
Résultat net 25 000
Dettes financières (LT) 120 000
Dettes fournisseurs 80 000
Total passif 345 000

Données — ALPHATECH : résultat et flux

Compte de résultat 2024 (€)

Poste Montant
Chiffre d’affaires 500 000
Achats consommés −250 000
Charges de personnel −120 000
Dotations aux amortissements −20 000
Autres charges −70 000
Résultat d’exploitation 40 000
Charges financières −15 000
Produits financiers 0
Résultat net 10 000

Tableau de flux 2024 (€)

Poste Montant
Résultat net 10 000
Amortissements 20 000
Variation des stocks −5 000
Variation des créances clients −30 000
Variation des dettes fournisseurs +20 000
Flux opérationnels +5 000
Acquisition d’immobilisations −15 000
Flux d’investissement −15 000
Nouvel emprunt +10 000
Remboursement d’emprunt −20 000
Flux de financement −10 000
Variation de trésorerie −20 000
Trésorerie d’ouverture 50 000
Trésorerie de clôture 20 000

Exercice — Temple des Bilans, niveau 1

Exercice 1 (Temple des Bilans — niveau 1) Tâche. Repérer, expliquer et documenter les erreurs des trois états d’ALPHATECH.

Données. Les trois slides précédentes (ou la page de la quête).

Format. Équipes de 3 à 5. Livrables : fiche des erreurs détectées (1 page) et 3 anomalies majeures présentées en 2 minutes.

Durée. 60 minutes, dont 15 minutes de restitution.

Restitution : la méthode, pas la liste

Quelle que soit l’erreur trouvée, la démarche est la même :

  1. Équilibrer : le bilan est-il équilibré ?
  2. Recouper : chaque montant commun à deux états est-il identique ?
  3. Rejouer : les flux reconstituent-ils les variations de bilan ?
  4. Justifier : quelle règle comptable est violée ?

Pour aller plus loin

Bloc 1.3 — Soldes intermédiaires de gestion

Pourquoi des soldes intermédiaires ?

Le compte de résultat donne un seul chiffre (le résultat). Les SIG le décomposent en étapes : on voit où la valeur est créée et où elle est consommée.

Étape Question à laquelle répond le solde
Marge commerciale, production Quelle activité (négoce, production) ?
Valeur ajoutée Quelle richesse créée par l’entreprise ?
EBE Quelle performance d’exploitation, hors amortissements et financement ?
Résultat d’exploitation Et après usure des équipements ?
RCAI Et après la politique de financement ?
Résultat net Et après l’exceptionnel, la participation et l’impôt ?

La cascade des SIG

Solde Calcul
Marge commerciale Ventes de marchandises − achats de marchandises − variation des stocks de marchandises
Production de l’exercice Production vendue + production stockée + production immobilisée
Valeur ajoutée (VA) Marge commerciale + production − consommations en provenance des tiers
Excédent brut d’exploitation (EBE) VA + subventions d’exploitation − impôts, taxes et versements assimilés − charges de personnel
Résultat d’exploitation (REX) EBE + autres produits − autres charges + transferts de charges + reprises d’exploitation − dotations d’exploitation
Résultat courant avant impôt (RCAI) REX ± quote-part d’opérations en commun + produits financiers − charges financières
Résultat exceptionnel Produits exceptionnels − charges exceptionnelles
Résultat de l’exercice RCAI + résultat exceptionnel − participation des salariés − impôt sur les bénéfices

Exemple — la cascade avec des chiffres

Atelier Delta, en K€ (les valeurs sont fictives).

Étape Calcul Résultat
Marge commerciale 400 − 280 120
Production 1 200 + 20 + 0 1 220
Consommations des tiers 500 − 20 + 260 740
Valeur ajoutée 120 + 1 220 − 740 600
Étape Calcul Résultat
EBE 600 + 10 − 30 − 380 200
REX 200 + 15 − 5 + 10 − 90 130
RCAI 130 + 5 − 25 110
Résultat net 110 − 10 − 5 − 24 71

Données : ventes de marchandises 400, achats de marchandises 280, production vendue 1 200, production stockée 20, achats de matières 500, variation de stock de matières −20 (stock en hausse), autres achats et charges externes 260, subventions 10, impôts et taxes 30, personnel 380, autres produits 15, autres charges 5, reprises 10, dotations 90, produits financiers 5, charges financières 25, résultat exceptionnel −10, participation 5, impôt 24.

Pourquoi retraiter les SIG ?

Les SIG du PCG sont de nature juridique : deux entreprises qui financent le même équipement différemment n’ont pas les mêmes soldes. La Centrale des bilans (Banque de France) propose des retraitements pour les rendre comparables.

Poste concerné Justification Retraitement
Personnel extérieur coût du facteur travail retirer des charges externes, ajouter aux charges de personnel
Participation des salariés coût du facteur travail ajouter aux charges de personnel
Subventions d’exploitation compensent un prix de vente trop bas ou une charge trop élevée ajouter à la production vendue, ou déduire de la charge subventionnée
Transferts de charges le compte 791 n’apparaît qu’au résultat d’exploitation le déduire de la charge transférée
Crédit-bail harmoniser avec les immobilisations financées par emprunt ventiler la redevance en amortissement et intérêts

Retraitement du crédit-bail : le principe

Deux façons de financer la même machine :

Achat par emprunt Crédit-bail
dotation aux amortissements (681) redevance de crédit-bail (612, charges externes)
charges d’intérêt (661) —

On réécrit le crédit-bail comme s’il s’agissait d’un achat financé par emprunt :

\[ \text{Dotation} = \frac{\text{valeur à neuf} - \text{valeur résiduelle}}{\text{durée du contrat}} \qquad \text{Intérêts} = \text{redevance} - \text{dotation} \]

Exemple — crédit-bail, pas à pas

Machine-outil : valeur à neuf 500 000, redevance annuelle 100 000, valeur résiduelle 100 000, durée 5 ans.

  1. Dotation équivalente : (500 000 − 100 000) / 5 = 80 000
  1. Intérêts équivalents : 100 000 − 80 000 = 20 000
Poste Retraitement
Autres achats et charges externes − 100 000
Dotations aux amortissements + 80 000
Charges financières + 20 000

Conséquences : EBE +100 000, REX +20 000, RCAI et résultat net inchangés.

Personnel extérieur et subventions

Personnel extérieur. Une société d’intérim a facturé 12 500 € de personnel mis à disposition.

Poste Retraitement
Autres achats et charges externes − 12 500
Charges de personnel + 12 500

L’EBE et la valeur ajoutée changent de lecture : la VA augmente de 12 500, l’EBE reste identique.

Subvention d’exploitation : si elle complète un prix de vente, on l’ajoute à la production vendue ; si elle compense une charge, on la déduit de cette charge.

Les ratios des SIG

Ratio Formule Ce qu’il mesure
Taux de marge commerciale Marge commerciale / CA HT performance commerciale (négoce)
Taux de valeur ajoutée VA / CA HT contribution à la création de richesse
Taux d’EBE EBE / CA HT performance d’exploitation, hors financement et amortissement
Taux de résultat courant RCAI / CA HT performance après financement
Taux de résultat net Résultat net / CA HT performance globale
Taux de frais financiers Charges financières / CA HT poids de l’endettement
Couverture des frais financiers REX / charges financières marge de sécurité (repère usuel : > 3)
Productivité du personnel VA / effectif rendement de la main-d’œuvre
Rendement des immobilisations VA / immobilisations brutes productivité des équipements

Répartition de la valeur ajoutée

Part de la VA Ratio
Aux salariés (salaires + charges de personnel) / VA
Aux prêteurs charges financières / VA
À l’entreprise CAF / VA

Un ratio qui dérive d’un exercice à l’autre signale un déplacement du partage : à surveiller avant de conclure sur la rentabilité.

Pour aller plus loin

Bloc 1.4 — Capacité d’autofinancement

La CAF

Capacité d’autofinancement (CAF)

Différence entre les produits encaissés ou encaissables et les charges décaissées ou décaissables : le potentiel de ressources dégagé par les opérations de l’exercice.

La CAF sert à :

  • rembourser les emprunts ;
  • financer les investissements et l’activité courante (BFR) ;
  • distribuer des dividendes ;
  • accroître l’autonomie financière.

Deux méthodes de calcul

Soustractive (depuis l’EBE)

EBE
+ transferts de charges d’exploitation
+ autres produits d’exploitation
− autres charges d’exploitation
+ produits financiers (hors reprises)
− charges financières (hors dotations)
+ produits exceptionnels (hors reprises, cessions, quote-part de subventions)
− charges exceptionnelles (hors dotations et valeur comptable des actifs cédés)
− participation des salariés
− impôt sur les bénéfices
= CAF

Additive (depuis le résultat)

Résultat de l’exercice
+ dotations aux amortissements et provisions
+ valeur comptable des actifs cédés
− reprises sur amortissements et provisions
− produits des cessions d’actifs
− quote-part de subventions d’investissement virée au résultat
= CAF

Exemple — les deux méthodes donnent le même résultat

Atelier Delta (K€), suite de l’exemple des SIG.

Méthode soustractive Méthode additive
EBE 200 Résultat net 71
+ autres produits 15 + dotations 90
− autres charges −5 − reprises −10
+ produits financiers 5
− charges financières −25
− exceptionnel −10
− participation −5
− impôt −24
= CAF 151 = CAF 151

Les deux voies partent de lignes différentes et doivent toujours converger : c’est un contrôle de cohérence.

CAF et flux de trésorerie disponible

La CAF n’est pas un flux de trésorerie disponible : elle ignore la variation du BFR et les investissements.

Flux de trésorerie disponible (FTD)

\[ \text{FTD} = \text{EBE} - \text{IS normatif} - \Delta\text{BFR} - \text{Investissements nets} \]

Ce que mesure le FTD : l’argent réellement disponible après avoir financé l’activité et les investissements, avant remboursement des dettes et dividendes.

CAF ≠ free cash flow

CAF Flux de trésorerie disponible
Point de départ résultat ou EBE EBE
Variation du BFR ignorée déduite
Investissements ignorés déduits
Lecture ressource potentielle de l’exercice trésorerie réellement dégagée

Certains supports désignent le free cash flow par « capacité d’autofinancement » : c’est une confusion. Une entreprise peut avoir une CAF élevée et un FTD négatif si son BFR ou ses investissements absorbent tout.

Capacité de remboursement

\[ \text{Capacité de remboursement} = \frac{\text{Dettes financières nettes}}{\text{CAF}} \]

Résultat Lecture
< 2 ans confortable
2 à 4 ans acceptable
4 à 5 ans tendu
> 5 ans critique

Nombre d’années de CAF nécessaires pour rembourser la dette nette.

Pour aller plus loin

Bloc 1.5 — Exercice A — CONCOURSMANIA / LECTRA

Exercice — CONCOURSMANIA et LECTRA, SIG et CAF

Exercice 2 (CONCOURSMANIA / LECTRA — SIG et CAF) Tâche. À partir du compte de résultat de chaque société au 31/12/2016, calculer :

  1. les soldes intermédiaires de gestion (marge commerciale, VA, EBE, REX, RCAI, résultat net) ;
  2. la capacité d’autofinancement, par la méthode soustractive et par la méthode additive.

Données. Slides suivantes (comptes sociaux 2016 : ConcoursMania en euros, Lectra en K€ ; convertir avant de comparer).

Format. Binômes, un tableur ou une feuille ; chaque binôme traite les deux sociétés.

Durée. 45 minutes.

Données — ConcoursMania, compte de résultat 2016

Comptes sociaux (SA), en euros. Les soldes sont à calculer.

Poste 2016 (€)
Ventes de marchandises 3 092 258
Production vendue (biens) 93 904
Production vendue (services et travaux) 9 799 781
Production immobilisée 334 499
Subventions d’exploitation 3 590
Reprises sur provisions et amortissements, transferts de charges 104 557
Autres produits 121
Achats de marchandises 641 733
Variation de stock (marchandises) −287 114
Achats de matières premières et approvisionnements 250 345
Autres achats et charges externes 8 809 546
Impôts, taxes et versements assimilés 109 967
Salaires et traitements 2 454 727
Charges sociales du personnel 932 711
Dotations aux amortissements, dépréciations et provisions 543 333
Autres charges 387 845
Produits financiers 155 591
Charges financières 162 235
Produits exceptionnels 12 221
Charges exceptionnelles 404 559
Impôt sur les bénéfices : crédit (produit) 1 080

Données — ConcoursMania, compléments pour la CAF

En euros.

Rubrique 2016 (€)
Produits financiers : participations 4 910
Produits financiers : autres intérêts 28 409
Produits financiers : reprises 87 825
Produits financiers : écarts de change 34 447
Charges financières : dotations 11 442
Charges financières : intérêts et charges assimilées 139 406
Charges financières : écarts de change 11 387

Les reprises d’exploitation sont regroupées avec les transferts de charges ; les dotations exceptionnelles, les cessions d’actifs et les quotes-parts de subventions ne sont pas détaillées dans les comptes : prenez 0.

Données — Lectra, compte de résultat 2016

Comptes de la société mère (Lectra SA), en K€. Les soldes sont à calculer.

Rubrique 2016 (K€)
Ventes de marchandises 55 928
Coût d’achat des marchandises vendues 490
Production vendue 121 475
Production stockée 640
Production immobilisée 650
Achats de matières premières et approvisionnements 55 078
Variation des stocks de matières premières −1 327
Autres achats et charges externes 36 757
Subventions d’exploitation 868
Impôts, taxes et versements assimilés 4 340
Charges de personnel 59 042
Autres produits d’exploitation 16
Autres charges d’exploitation 4 291
Transferts de charges d’exploitation 548
Reprises d’exploitation 1 945
Dotations d’exploitation 7 688
Produits financiers 10 582
Charges financières 7 351
Résultat exceptionnel −3 784
Participation des salariés 1 042
Impôt sur les bénéfices : crédit (produit) 1 350

Données — Lectra, compléments pour la CAF

En K€.

Rubrique 2016 (K€)
Produits financiers (hors reprises) 8 771
Charges financières (hors dotations) 7 351
Produits exceptionnels (hors reprises et cessions) 497
Charges exceptionnelles (hors dotations et valeur comptable des actifs cédés) 8
Dotations totales (exploitation, financier, exceptionnel) 7 694
Reprises totales (exploitation, financier, exceptionnel) 3 756
Valeur comptable des éléments d’actif cédés 4 281
Produits des cessions d’éléments d’actif 14

Les deux méthodes de CAF peuvent différer de quelques K€ (arrondis) : expliquez l’écart s’il y en a un.

Grille de calcul — SIG

Rubrique à calculer CONCOURSMANIA LECTRA
Marge commerciale
Production de l’exercice
Valeur ajoutée
EBE
Résultat d’exploitation
RCAI
Résultat de l’exercice
CAF (méthode soustractive)
CAF (méthode additive)

Pour aller plus loin

Bloc 1.6 — Bilan fonctionnel

Deux lectures du bilan

Approche Question Valeur retenue
Patrimoniale (externe) Que valent les biens des actionnaires ? valeur réelle du patrimoine
Fonctionnelle (interne) Comment l’activité est-elle financée ? valeur d’origine (brute)

Le bilan fonctionnel regroupe les postes selon le cycle auquel ils se rattachent : investissement, financement, exploitation.

Le bilan fonctionnel en un schéma

Emplois (actif, valeurs brutes) Ressources (passif)
Emplois stables : immobilisations brutes Ressources stables : capitaux propres, provisions, amortissements et provisions, dettes financières (hors concours bancaires courants)
Actif d’exploitation : stocks, créances clients, autres créances Passif d’exploitation : fournisseurs, dettes fiscales et sociales (hors IS), autres dettes
Actif hors exploitation : créances diverses Passif hors exploitation : dettes sur immobilisations, dettes diverses, IS
Trésorerie active : VMP, disponibilités Trésorerie passive : concours bancaires courants, soldes débiteurs de banque

Règles de reclassement

Élément du bilan comptable Traitement fonctionnel
Actifs immobilisés valeurs brutes (les amortissements passent au passif)
Amortissements et provisions ajoutés aux ressources stables
Capital souscrit non appelé déduit des capitaux propres
Écarts de conversion éliminés pour retenir les valeurs d’origine
Valeurs mobilières de placement trésorerie active
Concours bancaires courants trésorerie passive (sortis des dettes financières)
Intérêts courus non échus sortis des dettes financières, classés en hors exploitation
Effets escomptés non échus (EENE) réintégrés aux créances clients et à la trésorerie passive
Crédit-bail emplois stables augmentés de la valeur brute ; amortissements et dettes financières au passif

Exemple — crédit-bail dans le bilan fonctionnel

Société Iris : matériel neuf 150 000, durée 4 ans, loyer annuel 38 000, valeur résiduelle 50 000, contrat depuis 1 an.

  1. Emplois stables : on ajoute la valeur du matériel neuf, +150 000.
  1. Ressources propres : amortissement cumulé = (150 000 − 50 000) / 4 × 1 an = +25 000.
  1. Dettes financières : le solde, 150 000 − 25 000 = +125 000.
Emplois stables Ressources stables
+ 150 000 (valeur brute du bien) + 25 000 (amortissements)
+ 125 000 (dettes financières)

Le FRNG

Fonds de roulement net global

\[ \text{FRNG} = \text{Ressources stables} - \text{Emplois stables} \]

Ce que mesure le FRNG : l’excédent de ressources durables qui reste, une fois les immobilisations financées, pour financer l’exploitation.

  • FRNG positif : politique de financement cohérente avec la politique d’investissement.
  • FRNG négatif : les investissements longs sont financés par des ressources courtes.

Le BFR

Besoin en fonds de roulement

\[ \text{BFRE} = \text{Actif d'exploitation} - \text{Passif d'exploitation} \]

\[ \text{BFRHE} = \text{Actif hors exploitation} - \text{Passif hors exploitation} \]

\[ \text{BFR} = \text{BFRE} + \text{BFRHE} \]

Ce que mesure le BFR : le besoin de financement créé par le décalage entre encaissements clients et paiements fournisseurs, et par le volume des stocks.

Dans l’industrie le BFR est positif (stocks et délais clients longs) ; dans la grande distribution, il est souvent négatif (clients payants comptant, fournisseurs payés à crédit).

La trésorerie nette

Trésorerie nette

\[ \text{TN} = \text{Trésorerie active} - \text{Trésorerie passive} = \text{FRNG} - \text{BFR} \]

Ce que mesure la trésorerie nette : ce qu’il reste en caisse (ou ce qu’il manque) une fois l’exploitation financée par les ressources stables.

Situation Trésorerie nette
BFR < FRNG positive : la trésorerie est un emploi
BFR > FRNG négative : la trésorerie est une ressource (concours bancaires)

Exemple — de bout en bout

Atelier Delta (K€), valeurs brutes. CA HT : 1 600.

Emplois Ressources
Emplois stables 900 Capitaux propres 500
Amortissements et provisions 300
Dettes financières (hors CBC) 350
Ressources stables 1 150
Actif d’exploitation (stocks 180, clients 240) 420 Passif d’exploitation (fournisseurs 190, fiscal et social 80) 270
Actif hors exploitation 20 Passif hors exploitation (dettes sur immobilisations) 30
Trésorerie active 120 Trésorerie passive (CBC) 10
Total 1 460 Total 1 460
  • FRNG = 1 150 − 900 = 250
  • BFRE = 420 − 270 = 150 ; BFRHE = 20 − 30 = −10 ; BFR = 140
  • TN = 120 − 10 = 110 = 250 − 140 ✔

Le BFR en jours

\[ \text{BFR en jours de CA} = \frac{\text{BFR}}{\text{CA HT} / 365} \]

Ce que mesure le BFR en jours : le nombre de jours de chiffre d’affaires immobilisés dans le cycle d’exploitation.

Atelier Delta : BFR = 140 K€, CA = 1 600 K€ → 140 / 1 600 × 365 ≈ 32 jours de CA.

Choix du dénominateur

Certains supports utilisent 360 jours. Le cours retient 365 jours, comme le formulaire de référence, pour rester cohérent d’une page à l’autre.

Ratios du bilan fonctionnel

Ratio Formule Repère
Couverture des emplois stables Ressources stables / Emplois stables > 1
Couverture des capitaux investis Ressources stables / (Emplois stables + BFRE) > 1
Taux d’endettement Endettement financier / Fonds propres usuellement < 100 %
Délai clients (Créances clients + EENE) / CA TTC × 365 à comparer au secteur
Délai fournisseurs Dettes fournisseurs / achats TTC × 365 à comparer au secteur
Poids du BFRE BFRE / CA HT × 365 jours de CA

En cas de déséquilibre : quels leviers ?

Pour améliorer le… Actions possibles
FRNG augmentation de capital ; emprunt de long terme si l’endettement n’est pas déjà trop élevé
BFR mieux gérer les stocks ; raccourcir les délais clients ; allonger les délais fournisseurs

Pour aller plus loin

Bloc 1.7 — Exercice B — CONCOURSMANIA / LECTRA

Exercice — CONCOURSMANIA et LECTRA, équilibre du bilan et ratios

Exercice 3 (CONCOURSMANIA / LECTRA — équilibre financier et ratios) Tâche.

  1. Calculer le FRNG, le BFR et la trésorerie nette de chaque société au 31/12/2016.
  2. Calculer au moins ces six ratios : EBE / CA, RN / CA, endettement financier / fonds propres, fonds propres / total du bilan, endettement financier / CAF, FRNG / BFR.
  3. Rédiger une appréciation du risque de crédit en cinq lignes maximum.

Données. Bilans 2016 des deux sociétés (slides suivantes), plus les résultats du bloc 1.5.

Format. Mêmes binômes que l’exercice A.

Durée. 30 minutes.

Données — ConcoursMania, bilan au 31/12/2016

Comptes sociaux, en euros, valeurs brutes pour les actifs.

Poste Montant (€)
Immobilisations (brut) 17 833 760
Marchandises 361 145
Clients et comptes rattachés (brut) 6 093 370
Autres créances 1 186 918
Valeurs mobilières de placement (brut) 416 483
Disponibilités 2 289 122
Charges constatées d’avance 38 117
Amortissements et dépréciations (total) 2 479 899
Capitaux propres 13 679 740
Provisions pour risques 19 700
Emprunts auprès des établissements de crédit 3 605 527
Emprunts et dettes financières divers 2 986
Dettes fournisseurs et comptes rattachés 6 757 859
Dettes fiscales et sociales 1 435 058
Autres dettes 158 946
Produits constatés d’avance 75 649
Écarts de conversion passif 3 550

Concours bancaires courants : 1 € (négligeable). Pas d’écart de conversion actif.

Données — Lectra, bilan au 31/12/2016

Comptes de la société mère, en K€, valeurs brutes pour les actifs.

Poste Montant (K€)
Immobilisations brutes 128 348
Stocks de matières premières 16 169
Stocks d’en-cours de production de biens 3 905
Stocks de produits intermédiaires et finis 4 185
Stocks de marchandises 106
Avances et acomptes fournisseurs 929
Créances clients 45 613
Autres créances 21 996
Charges constatées d’avance 2 163
Écarts de conversion actif 1 003
Valeurs mobilières de placement 25 000
Disponibilités 23 853
Amortissements et provisions (total) 54 914
Capitaux propres 132 789
Provisions pour risques et charges 8 229
Écarts de conversion passif 2 701
Avances et acomptes clients 13 461
Dettes fournisseurs 34 265
Dettes fiscales et sociales 15 999
Autres dettes 439
Produits constatés d’avance 10 472

Lectra SA n’a aucune dette financière.

Ratios de l’énoncé

Famille Ratio
Performances EBE / CA ; RCAI / CA ; RN / CA
Solvabilité Endettement financier / fonds propres ; fonds propres / total du bilan
Autonomie financière Endettement financier / CAF ; intérêts et charges assimilées / EBE
Équilibre du bilan FRNG / BFR
Liquidité Trésorerie nette / fonds propres

Pour l’appréciation, croisez les familles : une société peut être rentable mais fragile (peu de fonds propres), ou l’inverse.

Pour aller plus loin

Bloc 1.8 — Rentabilité et effet de levier

Deux rentabilités

Rentabilité économique (ROCE) et financière (ROE)

\[ \text{ROCE} = \frac{\text{REX net d'IS}}{\text{Actif économique}} \qquad \text{ROE} = \frac{\text{Résultat net}}{\text{Capitaux propres}} \]

Ce que mesurent ces ratios : le ROCE, la rentabilité de tous les capitaux investis dans l’exploitation, quel que soit leur financement ; le ROE, la rentabilité des seuls actionnaires.

  • REX net d’IS = REX × (1 − taux d’IS).
  • Actif économique = immobilisations + BFR d’exploitation, ce qui équivaut à capitaux propres + endettement financier net.

Dérivation de l’effet de levier

Pourquoi ROE = ROCE + (ROCE − i) × D/CP ?

Notations : CP capitaux propres, D dette financière nette, i coût de la dette après impôt, actif économique = CP + D.

  1. Le REX net d’IS vaut ROCE × (CP + D).
  2. Les intérêts après impôt valent i × D.
  3. Le résultat net est la différence : RN = ROCE × (CP + D) − i × D.
  4. On divise par CP : ROE = ROCE × (CP + D) / CP − i × D / CP.
  5. On développe : ROE = ROCE + ROCE × D/CP − i × D/CP.
  6. On factorise : ROE = ROCE + (ROCE − i) × D/CP.

Si ROCE > i, l’endettement amplifie le ROE ; si ROCE < i, il le dégrade.

Exemple — Sigma, pas à pas

Actif économique 1 000 ; CP 400 ; D 600 ; REX 120 ; intérêts avant impôt 5 % ; IS 25 %.

Étape Calcul Résultat
ROCE 120 × 0,75 / 1 000 9 %
Coût de la dette après impôt 5 % × 0,75 3,75 %
D/CP 600 / 400 1,5
  • ROE par la formule : 9 + (9 − 3,75) × 1,5 = 16,875 %
  • Contrôle : RN = 90 − 22,5 = 67,5 ; 67,5 / 400 = 16,875 % ✔

Le levier en image

xychart-beta
    title "ROE selon le ROCE, pour D/CP = 0 ; 0,5 ; 1 ; 2 (i = 4 %)"
    x-axis "ROCE (%)" [0, 2, 4, 6, 8, 10, 12]
    y-axis "ROE (%)" -8 --> 28
    line [0, 2, 4, 6, 8, 10, 12]
    line [-2, 1, 4, 7, 10, 13, 16]
    line [-4, 0, 4, 8, 12, 16, 20]
    line [-8, -2, 4, 10, 16, 22, 28]

Toutes les droites se croisent en ROCE = i = 4 % ; au-dessus, plus D/CP est grand, plus la pente est forte (de bas en haut à droite : D/CP = 0, 0,5, 1, 2). En dessous, c’est l’inverse.

Les limites du levier

  • Le levier ne crée pas de rentabilité : il redistribue le risque vers les actionnaires.
  • Un ROCE instable rend l’endettement dangereux (effet de levier négatif).
  • Plus D/CP monte, plus le coût de la dette augmente en pratique (prime de risque) : la droite théorique est optimiste.
  • Les prêteurs regardent la solvabilité (FP / total du bilan) et la capacité de remboursement : c’est l’étape 4 de la méthode.

Pièges de comparaison

Ne mélangez pas résultats bruts et nets

Le ROCE se calcule sur un REX net d’IS ; le coût de la dette i doit être pris après impôt ; le ROE utilise le résultat net. Comparer un ROCE avant impôt à un coût de dette après impôt (ou l’inverse) fausse le signe de l’effet de levier.

Décomposition DuPont

\[ \text{ROE} = \underbrace{\frac{\text{RN}}{\text{CA}}}_{\text{marge nette}} \times \underbrace{\frac{\text{CA}}{\text{Actif total}}}_{\text{rotation de l'actif}} \times \underbrace{\frac{\text{Actif total}}{\text{CP}}}_{\text{levier}} \]

Sigma (CA 1 500, RN 67,5, actif total 1 000, CP 400) :

Marge nette Rotation Levier ROE
4,5 % 1,5 2,5 4,5 % × 1,5 × 2,5 = 16,875 %

Trois leviers d’action distincts : marges (prix, coûts), actifs (rotation) et structure financière (endettement).

Effet ciseau

Effet ciseau

Situation où les charges croissent plus vite que le chiffre d’affaires : la marge se comprime alors même que l’activité progresse.

N−1 N Variation
Chiffre d’affaires 1 000 1 020 +2 %
Charges 900 945 +5 %
Résultat avant impôt 100 75 −25 %

Un chiffre d’affaires en hausse ne garantit pas un résultat en hausse : toujours lire croissance du CA et croissance des charges ensemble.

Pour aller plus loin

Bloc 1.9 — Récap et demain

Récapitulatif

Ce qu’il faut retenir

  1. Un bilan et un compte de résultat se recoupent : résultat net, trésorerie, équilibre. Commencer toujours par là.
  2. Les SIG montrent où naît et où se perd la richesse ; les retraitements (crédit-bail, personnel extérieur, subventions) les rendent comparables.
  3. La CAF est un flux potentiel : elle se calcule de deux façons qui doivent converger, et elle n’est pas un flux de trésorerie disponible.
  4. FRNG − BFR = trésorerie nette : le bilan fonctionnel explique comment l’activité est financée.
  5. ROE = ROCE + (ROCE − i) × D/CP : l’endettement amplifie la rentabilité financière seulement si le ROCE dépasse le coût de la dette, après impôt des deux côtés.

Demain

Jour 2 — Banque de France, cotation et analyse des groupes.

  • Pourquoi et comment la Banque de France cote les entreprises.
  • Groupes et comptes consolidés : seuils, normes, méthodes.
  • Étapes 1 à 3 de la méthode : environnement, qualité de l’information, performances et résultat net récurrent.

À préparer : relire le formulaire de référence et vos résultats de l’exercice B.