Jour 2 — Banque de France, cotation et analyse des groupes (étapes 1 à 3)

Analyse financière et stratégique · INSEEC MSc

Programme de la journée

Horaire Bloc Durée Activité / quête
9:00 – 9:15 2.0 Ouverture et rappel du Jour 1 15 min Quiz de rappel, objectifs
9:15 – 9:35 2.1 Découvrir la Banque de France 20 min Cours
9:35 – 10:25 2.2 La cotation Banque de France 50 min Cours (étape 6 en aperçu)
10:25 – 11:10 2.3 Groupes et comptes consolidés 45 min Cours → Quête 2
11:10 – 12:00 2.4 Archives consolidées (version courte) 60 min Atelier Quête 2 (50 min le matin)
13:30 – 13:40 2.4 Archives consolidées (suite) — Fin de l’atelier (10 min)
13:40 – 14:10 2.5 Étape 1 — Environnement, stratégie, organisation 30 min Cours
14:10 – 14:20 2.6 Business Model Canvas 10 min Apport pour la Quête 5
14:20 – 14:50 2.7 Exercice — CP1 SWOT (granulats) 30 min Exercice
14:50 – 15:20 2.8 Étape 2 — Examen critique de l’information 30 min Cours
15:20 – 15:50 2.9 Étape 3 — Performances et RNR 30 min Cours
15:50 – 16:20 2.10 Exercice — CP2 RNR (TV hôtelière) 30 min Exercice
16:20 – 16:30 2.11 Récapitulatif et demain 10 min Bilan

Total : 360 min.

Objectifs

À la fin de la journée, vous saurez :

  • expliquer pourquoi et comment la Banque de France cote les entreprises ;
  • lire une cotation (cote d’activité + cote de crédit) et situer les taux de défaut par cote ;
  • identifier les groupes tenus de consolider et distinguer les méthodes de consolidation ;
  • construire une matrice SWOT et analyser l’organisation d’un groupe (étape 1) ;
  • critiquer la qualité de l’information et le périmètre (étape 2) ;
  • calculer un résultat net récurrent (RNR) et interpréter les tendances (étape 3).

Bloc 2.0 — Ouverture et rappel du Jour 1

Rappel du Jour 1 — 3 questions

Réfléchissez 2 minutes en binôme, puis nous mettons en commun.

  1. Pourquoi la CAF n’est-elle pas un flux de trésorerie disponible ?
  2. Comment passe-t-on du fonds de roulement net global (FRNG) et du BFR à la trésorerie nette ?
  3. Dans quelles conditions l’endettement améliore-t-il la rentabilité des capitaux propres (effet de levier) ?

La méthode en six étapes — où en sommes-nous ?

flowchart LR
  E1["1<br/>Environnement,<br/>stratégie<br/>▶ AUJOURD'HUI"]
  E2["2<br/>Information<br/>(examen critique)<br/>▶ AUJOURD'HUI"]
  E3["3<br/>Performances<br/>▶ AUJOURD'HUI"]
  E4["4<br/>Structure<br/>financière<br/>Jour 3"]
  E5["5<br/>Liquidité<br/>Jour 3"]
  E6["6<br/>Décision<br/>de cotation<br/>Aperçu aujourd'hui,<br/>jour 3"]
  E1 --> E2 --> E3 --> E4 --> E5 --> E6

Le Jour 2 couvre les étapes 1 à 3 et présente la cotation (étape 6) pour comprendre ce que l’on cherche à produire.

Bloc 2.1 — Découvrir la Banque de France

Trois missions, un réseau européen

Les trois grandes missions

  • Stratégie monétaire : participer, au sein de l’Eurosystème, à la politique monétaire de la zone euro.
  • Stabilité financière : contribuer à la solidité des banques et des assurances (supervision via l’ACPR).
  • Services à l’économie : entreprises, particuliers (surendettement, droit au compte), moyens de paiement.

L’Eurosystème

  • Il réunit la Banque centrale européenne (BCE) et les banques centrales nationales des pays de la zone euro.
  • La Banque de France en est un membre ; son gouverneur siège au Conseil des gouverneurs de la BCE.
  • La cotation des entreprises est l’un des services rendus à l’économie, avec des effets sur la politique monétaire.

Pourquoi la Banque de France cote-t-elle les entreprises ?

Usage Ce que permet la cote
Politique monétaire Évaluer la qualité des créances apportées en garantie des refinancements (ECAF)
Réglementation prudentielle Aider les banques à calculer leurs fonds propres réglementaires (statut d’OEEC)
Dialogue banque–entreprise Offrir une référence commune, gratuite pour l’entreprise

Focus — Cotation, un service rendu aux prêteurs. La Banque de France ne perçoit aucune rémunération de l’entreprise cotée : ce sont les institutions financières utilisatrices qui sont facturées.

Pour aller plus loin

Bloc 2.2 — La cotation Banque de France

Cotation ou notation ?

Notation d’une agence Cotation Banque de France
Objet Risque d’un prêteur Même objet : risque de crédit
Périmètre Produits financiers (émissions) Entreprises non financières résidentes uniquement
Diffusion Publique Non publique : destinataires définis par le Code monétaire et financier
Rémunération Payée par l’émetteur (souvent) Aucune rémunération de l’entreprise cotée
États, collectivités Notés Non cotés

« À dire d’expert » et horizon

  • La cotation apprécie la capacité d’une entreprise à honorer ses engagements financiers à un horizon de un à trois ans. Trois ans est la référence des statistiques de défaut.
  • « À dire d’expert » : un analyste applique des règles méthodologiques communes à tout le réseau.
  • Pas de procédé automatique ni fondé uniquement sur des données financières.
  • Un entretien peut avoir lieu avant la cotation, pour comprendre l’évolution de la situation.
  • Au 31/12/2024, 322 504 entreprises étaient cotées (325 105 un an plus tôt). Le seuil ayant été relevé en janvier 2025, ce nombre baisse.

Sur quoi s’appuie la cotation ?

Informations

  • Comptes sociaux et consolidés
  • Engagements financiers, incidents de paiement
  • Événements judiciaires (greffes, publications légales)
  • Secteur, liens économiques et financiers

Éléments qualitatifs

  • Marché et positionnement
  • Clients, fournisseurs
  • Solidité de l’actionnariat
  • Stratégie, perspectives, flexibilité financière
  • Transparence de la communication

Sources de collecte : les entreprises, les greffes des tribunaux de commerce, les banques, les acteurs du financement, l’Insee.

Lire une cotation : cote d’activité + cote de crédit

Cotation = une lettre (taille de l’activité) + un chiffre (capacité à honorer ses engagements), par exemple G3+.

  • La lettre donne la tranche de chiffre d’affaires.
  • Le chiffre, nuancé par + ou −, mesure le risque de crédit.
  • La cotation n’est attribuée, depuis le 12/01/2025, que si le chiffre d’affaires hors taxes est ≥ 1 250 K€ (750 K€ auparavant, seuil inchangé depuis plus de 40 ans).

Cote d’activité

Cote CA (M€) Cote CA (M€)
A ≥ 750 H ≥ 1,25 et < 1,5
B ≥ 150 et < 750 J ≥ 0,50 et < 1,25
C ≥ 50 et < 150 K ≥ 0,25 et < 0,50
D ≥ 30 et < 50 L ≥ 0,10 et < 0,25
E ≥ 15 et < 30 M < 0,10
F ≥ 7,5 et < 15 N Non significatif
G ≥ 1,5 et < 7,5 X CA inconnu ou trop ancien (exercice clos depuis plus de 23 mois)

La grille couvre la cote d’activité (M€ de chiffre d’affaires) : les tranches J à M descendent sous le seuil de 1 250 K€ en vigueur depuis le 12/01/2025. Elles restent utiles pour lire les cotations historiques. Il n’y a pas de lettre I.

La validité d’une cotation est de 24 mois après la date d’arrêté des comptes pris en compte.

Cote de crédit : 22 positions

Cote Appréciation Cote Appréciation
1+ Excellente ++ 4- Intermédiaire +
1 Excellente + 5+ Intermédiaire −
1- Excellente 5 Fragile
2+ Très satisfaisante ++ 5- Assez faible
2 Très satisfaisante + 6+ Très faible
2- Très satisfaisante 6 Menacée
3+ Forte ++ 6- Compromise
3 Forte + 7 Très compromise
3- Forte 8 Fortement compromise
4+ Bonne + P Défaillante
4 Bonne 0 Non significative

Éligibles au refinancement de l’Eurosystème : 1+ à 2-. Un dispositif exceptionnel a accepté aussi les cotes 3+ à 4+ jusqu’au 16/12/2024.

Avant / aujourd’hui : l’échelle de cote de crédit

Avant le 8 janvier 2022

Échelle « avant 2022 » : 3++, 3+, 3, 4+, 4, 5+, 5, 6, 7, 8, 9, P.

Aujourd’hui

22 positions : 1+ à 8, plus P et 0, avec des nuances +/− sur chaque famille de 1 à 6.

Attention en lisant d’anciens documents : une « cote 3 » de l’ancienne échelle n’est pas la cote 3 actuelle.

Taux de défaut à un an, par cote de crédit

xychart-beta
    title "Défaut à 1 an (%) : global 1,75 %"
    x-axis ["1+", "1", "1-", "2+", "2", "2-", "3+", "3", "3-", "4+", "4", "4-", "5+", "5", "5-", "6+", "6", "6-", "7", "8"]
    y-axis "Taux de défaut (%)" 0 --> 30
    bar [0.00, 0.02, 0.02, 0.06, 0.03, 0.10, 0.22, 0.18, 0.30, 0.51, 1.26, 1.90, 2.82, 5.21, 3.89, 5.63, 8.17, 15.03, 20.02, 27.42]
    line [0.00, 0.02, 0.02, 0.06, 0.03, 0.10, 0.22, 0.18, 0.30, 0.51, 1.26, 1.90, 2.82, 5.21, 3.89, 5.63, 8.17, 15.03, 20.02, 27.42]

Fondements juridiques : L.141-6, OEEC, ICAS

  • National : article L.141-6 du Code monétaire et financier.
  • OEEC (organisme externe d’évaluation du crédit), reconnu depuis le 19 juin 2007 : les banques peuvent s’appuyer sur la cotation pour calculer leurs fonds propres réglementaires. Condition : objectivité, indépendance, acceptation par le marché, vérification annuelle des taux de défaut.
  • ICAS (In-house Credit Assessment System) : la BCE valide le système d’évaluation de la Banque de France. Il sert à juger la qualité des créances apportées en garantie dans l’ECAF (Eurosystem Credit Assessment Framework).
  • D’autres banques centrales de l’Eurosystème disposent aussi d’un ICAS.

Indicateur dirigeant et FIBEN

Indicateur dirigeant — attribué aux personnes physiques qui dirigent ou ont dirigé une entreprise. Deux valeurs :

  • 000 : neutre ;
  • 060 : significatif, si
    • 3 liquidations judiciaires de moins de 5 ans, ou
    • faillite personnelle, interdiction de gérer, redressement (2 ans max. si sans suite) ou liquidation (5 ans max.).

Données publiques des greffes seulement ; aucun jugement de valeur sur le dirigeant.

FIBEN — le fichier bancaire des entreprises, base de référence de la profession bancaire.

  • Accessible aux adhérents (banques, institutions financières).
  • Contient la cotation, l’indicateur dirigeant, les informations d’incidents.
  • Le dirigeant a un droit d’accès à ses informations.

Pour aller plus loin

Bloc 2.3 — Groupes et comptes consolidés

Notion de groupe

  • Notion économique : des sociétés liées par des intérêts communs et une unité de décision.
  • Pas de personnalité juridique : chaque entité répond de ses propres engagements ; les engagements bancaires sont pris au niveau des entités.
  • Pas d’assujettissement à l’impôt en tant que tel : régime mère-fille, intégration fiscale.

Pourquoi analyser le groupe ?

  • Montages de plus en plus complexes, même pour de petites entités (LBO, SCI, objectifs fiscaux ou patrimoniaux).
  • L’approche groupe donne :
    • la vision globale du regroupement ;
    • les opérations intragroupe ;
    • l’intérêt commun.
  • À la Banque de France, les groupes sont suivis par des analystes spécialisés (pôle Groupes), avec une méthode propre aux têtes de groupe et aux filiales.

Qui doit consolider ?

Consolidation obligatoire pour un groupe, selon l’un des critères suivants :

  • ses titres sont offerts au public (marché réglementé) ;
  • il dépasse deux des trois seuils, appréciés sur deux exercices consécutifs :
Critère Jusqu’au 31/12/2024 Exercices ouverts à compter du 01/01/2025
Total du bilan 24 M€ 30 M€
Chiffre d’affaires 48 M€ 60 M€
Effectif 250 salariés 250 salariés

Règles applicables : le règlement ANC 2020-01 (il abroge CRC 99-02, exercices ouverts depuis le 01/01/2021) pour les comptes français ; les normes IFRS pour les sociétés cotées.

Particularités des comptes consolidés

  • Pas de document standard : présentation et informations très variables.
  • Deux référentiels coexistent : normes françaises (ANC 2020-01) et IFRS.
  • Marges de manœuvre : options permises par les règlements.
  • Déperdition d’information : activités diverses présentées de façon synthétique.
  • Comparaison difficile d’un exercice à l’autre : variations de périmètre, pro forma.

Documentation et entretien de cotation

Documentation

  • Réglementation comptable (ANC 2020-01, IFRS) et référentiel de cotation.
  • Comptes consolidés : bilan, compte de résultat, tableau de flux.
  • Annexes : périmètre, méthodes comptables, rapport des commissaires aux comptes.
  • Rapport de gestion, organigramme.

L’entretien de cotation permet de

  • comprendre ce que les comptes détaillent peu : stratégie, environnement, risques financiers, événements post-clôture ;
  • lever les doutes : liquidité, soutien aux filiales, covenants ;
  • améliorer la transparence et la fraîcheur de la cotation.

Méthodes de consolidation

Degré de contrôle Méthode Effet sur les comptes consolidés
Contrôle exclusif Intégration globale (IG) 100 % des actifs, passifs, produits et charges, après élimination des opérations intragroupe ; part des minoritaires isolée
Contrôle conjoint Intégration proportionnelle (IP) Quote-part des actifs, passifs, produits et charges. Normes françaises (ANC 2020-01, art. 221-3) ; interdite en IFRS (IFRS 11 impose la mise en équivalence)
Influence notable Mise en équivalence (MEE) Une ligne « titres mis en équivalence » et la quote-part de résultat net ; aucune dette intégrée
Ni contrôle ni influence Non consolidée Titres de participation ou VMP ; dividendes en produits financiers

Plus le contrôle est faible, moins les risques (dettes) de la filiale entrent dans les comptes du groupe.

Focus — les SCI à intégrer dans le périmètre

Une SCI non détenue financièrement entre dans le périmètre si elle cumule trois conditions :

  1. elle est liée au démembrement du patrimoine professionnel d’une ou plusieurs entités du groupe ;
  2. elle détient des actifs professionnels utilisés principalement par le groupe ;
  3. elle est sous le contrôle d’une ou plusieurs entités du groupe (unité économique).

→ Rendez-vous dans le prochain bloc : l’atelier Archives consolidées (Quête 2).

Pour aller plus loin

Bloc 2.4 — Archives consolidées (version courte)

Exercice — Archives consolidées

Exercice 1 (Archives consolidées) Mission. Produire, en équipes de 3 à 5, le tableau de consolidation (bilan et compte de résultat consolidés) de STRATFIN HOLDING et de ses deux filiales PHOENIX SA (80 %) et ORION SARL (60 %).

Données. Comptes individuels simplifiés dans la page Archives consolidées (montants en k€).

À rendre. Éliminations intragroupe, retraitement des participations, intérêts minoritaires, bilan et compte de résultat consolidés.

Durée. 60 minutes (version courte, au lieu de 2 h).

Bloc 2.5 — Étape 1 : environnement, stratégie, organisation

Étape 1 sur 6 — Objectifs

Étape 1/6 de la démarche (puis étapes 2 et 3 aujourd’hui).

  • Comprendre l’environnement et l’organisation du groupe.
  • Faire un panorama des opportunités et menaces et des forces et faiblesses (matrice SWOT).
  • Apprécier la stratégie et sa cohérence avec les actions menées.
  • Repérer les risques liés à l’organisation.
  • Choisir l’agrégat d’endettement (brut ou net) et le degré d’intégration des filiales.

Matrice SWOT

Favorable Défavorable
Interne (le groupe) Forces : diversification des activités ou des zones, produit de niche, brevets, partenariats Faiblesses : portefeuille clients ou fournisseurs peu diversifié
Externe (l’environnement) Opportunités : secteur en croissance, barrières à l’entrée Menaces : secteur en récession, forte intensité concurrentielle ou capitalistique, volatilité des cours

Objectif : caractériser les enjeux du groupe et la stratégie adoptée pour y répondre.

Organisation juridique

flowchart TD
  H["Holding, tête de groupe"] -->|100 %| F1["Filiale A"]
  H -->|60 %| F2["Filiale B"]
  H -->|35 %| F3["Filiale C, minoritaires de contrôle"]
  F2 -->|100 %| F4["Sous-filiale D, située à l'étranger"]
  F4 -. "frein 1 : circulation de la trésorerie limitée" .-> H

À examiner : type d’organigramme, périmètre (filiales dans des paradis fiscaux, freins), catégorie juridique des filiales (SNC, GIE…), actionnariat (poids des minoritaires, pacte), équipe dirigeante, homme-clé.

→ degré d’intégration juridique des filiales.

Organisation économique et financière

Économique

  • Branches d’activité et objectifs des filiales
  • Caractère stratégique ou non
  • Logique d’organisation (fonctionnelle, par division, mixte), intégration verticale ou horizontale
  • Relations entre sociétés du groupe

→ degré d’intégration économique

Financière

  • Localiser la dette et la trésorerie
  • Centres de profit et de perte
  • Logique de trésorerie : délais intragroupe, sociétés pivots, centralisation bancaire
  • Circulation des flux, freins éventuels

→ degré d’intégration financière

Faits marquants et choix de l’agrégat d’endettement

  • Identifier les faits marquants de l’exercice et post-clôture : variation de périmètre, actionnariat, gouvernance, refinancement. Les chiffrer et les mettre en perspective avec la stratégie.
  • Choisir l’endettement : brut (toutes les dettes financières) ou net (moins la trésorerie disponible). Le choix dépend de la libre circulation de la trésorerie dans le groupe.

Focus — Entreprises françaises (2020) : la dette brute atteint 87,6 % du PIB, mais la dette nette seulement 55,5 %, soit une dette nette / EBE de 2,7×. Leçon : l’agrégat brut surestime l’endettement net réel ; comparer des chiffres bruts et nets conduit à de mauvaises conclusions.

Bloc 2.6 — Business Model Canvas (apport pour la Quête 5)

Business Model Canvas : les 9 blocs

Bloc Question
Segments de clientèle Qui sont les clients ?
Proposition de valeur Quel problème résolvons-nous ?
Canaux Comment atteint-on les clients ?
Relations clients Quel type de relation ?
Sources de revenus Comment gagne-t-on de l’argent ?
Ressources clés De quoi a-t-on besoin ?
Activités clés Que faut-il faire ?
Partenaires clés Avec qui ?
Structure de coûts Quels coûts ?

Du canevas au SWOT

  • Les forces et faiblesses du SWOT se lisent dans la colonne des ressources, activités, partenaires et proposition de valeur.
  • Les opportunités et menaces se lisent du côté des segments, canaux et concurrents.
  • La Quête 5 demande de cartographier le modèle économique d’un groupe pour préparer l’analyse.

Pour aller plus loin

Bloc 2.7 — Exercice : CP1 SWOT (granulats)

Exercice — CP1 : groupe de granulats

Exercice 2 (CP1 SWOT — groupe de granulats) Tâche. Compléter une matrice SWOT : quels éléments de l’environnement sont des opportunités ou des menaces, quels sont les forces et faiblesses du groupe face à ses concurrents ?

Données. Contexte aux deux diapositives suivantes.

Format. Matrice 2×2 (grille de la diapositive « Matrice SWOT »), 3 à 4 éléments par case, justifiés en une phrase.

Durée. 30 minutes, en binôme.

CP1 — Activité et marché

  • Activité : carrières de granulats (90 % du CA), une cinquantaine de sites à l’ouest d’une ligne Rouen–Montpellier ; le reste en bétons et travaux publics.
  • Autorisation préfectorale : 2 à 3 ans de formalités, durée temporaire (10 à 15 ou 20 à 30 ans, renouvelable) ; normes environnementales croissantes, réaménagement obligatoire en fin de vie, nuisances de moins en moins acceptées.
  • Réserves : 25 à 35 années, sites diversifiés ; achats de gisements d’opportunité, de moins en moins nombreux.
  • Taille modeste, bonne réactivité (intérim, organisation resserrée).
  • Matériels lourds à renouvellement rapide, très énergivores (fuel, électricité), tension sur les prix.
  • Travaux publics : dirigeants remplacés pour mauvaise gestion, activité en perte depuis 2 ans, cession possible après restructuration.

CP1 — Marché et clientèle

  • Concurrents : routiers (VINCI, COLAS, EIFFAGE, EUROVIA), cimentiers (LAFARGE, HOLCIM) et indépendants dont le groupe, leader, avec 15 millions de tonnes produites cette année.
  • Le groupe dépend du marché du BTP français ; ses grands concurrents profitent des marchés internationaux.
  • Clientèle diffuse : 60 % d’entreprises de terrassement et de travaux publics ; le solde regroupe des concurrents et la SNCF (ballast).
  • Marché local : rayon de 60 km, car le transport pèse 50 à 60 % du prix.
  • Pas de carnet de commandes (ventes au fil de l’eau) ; les gros chantiers représentent moins de 10 % du CA.

Bloc 2.8 — Étape 2 : examen critique de l’information

Étape 2 sur 6 — Objectifs

  • Apprécier la qualité de l’information transmise et en tirer des conséquences sur la cotation.
  • Porter un regard critique sur le périmètre de consolidation et les pratiques comptables.
  • Mesurer l’impact des variations de périmètre et des changements comptables.

Qualité et transparence

Le périmètre est-il exhaustif ?

  • Décomposer le poste « titres de participation ».
  • Recouper avec les liens financiers et les fonctions de direction.
  • Consulter l’annexe sur le périmètre de consolidation.

Les méthodes correspondent-elles au contrôle réel ?

  • Repérer les méthodes opportunistes : une méthode plus favorable que le contrôle exercé.
  • Contrôler les postes « participations non consolidées » et « titres mis en équivalence » : détecter les exclusions à tort.

Certification des comptes par les commissaires aux comptes (CAC) : lire l’opinion et ses réserves.

Avant / aujourd’hui : activités abandonnées (IFRS 5)

Avant

Les activités cédées pouvaient rester mêlées aux lignes habituelles, d’où une comparaison délicate d’un exercice à l’autre.

Aujourd’hui (IFRS 5)

Les activités abandonnées ou en cours de cession sont isolées sur une ligne ; les données de N-1 sont retraitées pour rester comparables.

Focus — AREVA : le chiffre d’affaires publié passe de 5,6 à 1,6 Md€ une fois les activités cédées reclassées (IFRS 5). Leçon : toujours comparer N à N-1 retraité.

Bloc 2.9 — Étape 3 : performances et résultat net récurrent

Étape 3 sur 6 — Éléments récurrents

  • Objectif : mesurer la rentabilité récurrente (analyse statique) et les tendances (analyse dynamique).
  • On ne garde que les produits et charges récurrents.
    • Certains éléments exceptionnels sont récurrents (plus-values de cession, restructurations répétées).
    • Certains éléments d’exploitation ou financiers ne le sont pas (dotation à provision exceptionnelle, dépréciation de titres).
  • Les dotations aux amortissements des écarts d’acquisition et tout élément exceptionnel sont écartés.
  • On retient l’impôt effectif du groupe.

Résultat net récurrent (RNR)

Astuce

\[\text{RNR} \approx \text{RCAI} \times (1 - 25\,\%) = \tfrac{3}{4} \times \text{RCAI}\]

Ce que mesure le RNR : le résultat net que le groupe dégage chaque année de façon répétable, après impôt, hors éléments exceptionnels.

Pourquoi ¾ ?

Dérivation de RNR ≈ ¾ × RCAI

  1. Le RCAI est le résultat courant, avant impôt.
  2. Taux normal de l’impôt sur les sociétés : 25 %, donc impôt ≈ 0,25 × RCAI.
  3. RNR = RCAI − impôt = RCAI × (1 − 0,25) = ¾ × RCAI.
  4. Si l’on connaît la charge d’impôt réelle, ou si des déficits ou des impôts différés faussent le taux, on utilise l’impôt effectif à la place de 25 %.

Un ancien support utilisait ⅔ (taux de 33⅓ %) : ce taux n’est plus d’actualité.

Exemple — de RCAI à RNR

Étape Montant (K€)
RCAI publié 1 000
Reprise de provision exceptionnelle comptée en exploitation (non récurrente) − 90
Frais ponctuels de refinancement dans les charges financières + 50
RCAI récurrent 960
Calcul Résultat
RNR ≈ ¾ × 960 720 K€

Exemple fictif, pour illustrer la méthode ; le cas CP2 suit.

Tendances et variation de l’activité

  • Groupe à forte croissance : gestion du BFR ?
  • Marché mature : maîtrise des coûts ?
  • Groupe en perte de vitesse : capacité d’adaptation ? Restructuration en cours ?
  • Origine de la variation du chiffre d’affaires : croissance organique, effet de périmètre, effet de change.
  • Point mort : couverture des charges fixes.
  • Comparaison avec les principaux concurrents.

Pour aller plus loin

Bloc 2.10 — Exercice : CP2 RNR (TV hôtelière)

Exercice — CP2 : groupe de télévision hôtelière

Exercice 3 (CP2 RNR — télévision hôtelière) Tâche. Calculer le résultat net récurrent (RNR) du groupe.

Convention. Taux d’impôt de 25 % : RNR ≈ ¾ × RCAI récurrent. Justifiez chaque retraitement.

Données. Compte de résultat et éléments d’analyse aux deux diapositives suivantes.

Format. Tableau de passage RCAI → RCAI récurrent → RNR.

Durée. 30 minutes.

CP2 — Compte de résultat consolidé (K€)

Rubrique Montant
Chiffre d’affaires 50 807
Achats consommés, autres achats et charges externes 21 739
Charges de personnel 15 083
Impôts et taxes 699
Dotations nettes aux amortissements 3 922
Dotations nettes aux provisions 583
Autres charges et produits d’exploitation 567
Résultat d’exploitation 8 214
Produits financiers 64
Charges financières 3 750
Résultat financier − 3 686
Résultat courant avant impôt (RCAI) 4 528
Produits exceptionnels 1 500
Charges exceptionnelles 2 227
Résultat exceptionnel − 727
Charge d’impôt 1 802
Dotation aux amortissements sur écart d’acquisition 1 227
Résultat net consolidé (RNC) 772

CP2 — Éléments d’analyse

  1. Les charges de personnel comprennent le coût de restructuration lié à l’arrêt total des activités en Belgique : 1,8 M€.
  2. Un litige important avec un ancien dirigeant est provisionné pour 500 K€ dans le résultat d’exploitation.
  3. Les charges financières comprennent les frais de refinancement d’un emprunt : 1,3 M€.
  4. Les produits exceptionnels comprennent le résultat de cession de matériel de location : 1 M€.

Rappel : convention d’impôt à 25 % ; utiliser l’impôt réel si les circonstances l’exigent.

Bloc 2.11 — Récapitulatif et demain

Récapitulatif

Ce qu’il faut retenir

  • La cotation Banque de France = cote d’activité (lettre) + cote de crédit (chiffre), attribuée « à dire d’expert », avec un seuil de 1 250 K€ de CA depuis le 12/01/2025.
  • Les taux de défaut à un an vont de 0 % (1+) à 27 % (8) ; moyenne 1,75 %.
  • Les groupes consolident au-delà de 30 M€ / 60 M€ / 250 salariés (exercices ouverts dès le 01/01/2025), selon ANC 2020-01 ou IFRS.
  • Étape 1 : SWOT, organisation juridique, économique et financière, choix de l’agrégat de dette.
  • Étape 2 : critiquer périmètre, méthodes et certification ; retraiter N-1 en cas d’IFRS 5.
  • Étape 3 : RNR ≈ ¾ × RCAI récurrent (impôt à 25 %) ; on utilise l’impôt réel si besoin.

Demain

Jour 3 : étapes 4 à 6 — fonds propres retraités, endettement retraité, autonomie financière, liquidité, décision de cotation, puis veille réglementaire, ESG et synthèse avant l’examen.

flowchart LR
  E1["1<br/>Environnement,<br/>stratégie<br/>fait ✔"]
  E2["2<br/>Information<br/>(examen critique)<br/>fait ✔"]
  E3["3<br/>Performances<br/>fait ✔"]
  E4["4<br/>Structure<br/>financière<br/>Jour 3"]
  E5["5<br/>Liquidité<br/>Jour 3"]
  E6["6<br/>Décision<br/>de cotation<br/>Jour 3"]
  E1 --> E2 --> E3 --> E4 --> E5 --> E6