viewof C0_s3 = Inputs.range([100, 20000], {
value: 1000, step: 100,
label: "Capital initial C₀ (€)"
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viewof i_s3 = Inputs.range([0.01, 0.20], {
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viewof n_s3 = Inputs.range([1, 20], {
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label: "Nombre de périodes n"
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data_s3 = Array.from({length: n_s3 + 1}, (_, t) => [
{t, valeur: C0_s3 * (1 + i_s3) ** t, serie: "Capitalisation (Cₙ)"},
{t, valeur: C0_s3 * (1 + i_s3) ** n_s3 / (1 + i_s3) ** (n_s3 - t), serie: "Actualisation (V₀)"}
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Plot.plot({
title: "Valeur du capital selon la perspective choisie",
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})Journée 1 — Valeur temps de l’argent
Résumé
Comment rendre comparables des sommes encaissées ou décaissées à des dates différentes ? Cette journée pose les fondations du raisonnement financier : capitalisation, actualisation, conversion de taux et annuités.
Objectifs de la journée
À la fin de cette journée, vous saurez :
- distinguer capitalisation et actualisation ;
- convertir des taux exprimés sur des périodicités différentes ;
- calculer la valeur actuelle ou acquise d’un capital isolé ;
- valoriser une suite d’annuités constantes (fin, début, différées, perpétuité) ;
- résoudre des problèmes d’épargne et de constitution de capital.
Séquence 1 — Introduction et diagnostic
Durée : 30 minutes
Intuition économique
Choisissez une option, sans calculer, et justifiez votre choix :
- Option A : recevoir 10 000 € aujourd’hui
- Option B : recevoir 11 000 € dans un an
- Option C : recevoir 12 500 € dans deux ans
Ce choix simple fait émerger les concepts qui structurent toute la finance :
Pourquoi un euro aujourd’hui vaut-il plus qu’un euro demain ?
Quatre raisons fondamentales :
- Préférence pour le présent — nous préférons disposer d’une somme maintenant plutôt que de l’attendre.
- Coût d’opportunité — 10 000 € aujourd’hui peuvent être placés et produire des intérêts.
- Inflation — 11 000 € dans un an achèteront peut-être moins que 10 000 € aujourd’hui si les prix augmentent.
- Risque — une somme future est incertaine ; une somme présente est certaine.
Ces quatre raisons se condensent en un seul paramètre : le taux d’actualisation.
Diagnostic initial
Avant de démarrer, évaluez vos acquis sur :
- pourcentages et taux de variation ;
- calcul de puissances (\(1{,}05^{10}\), \(1{,}03^{-5}\)) ;
- résolution d’équations du type \(x(1+i)^n = C\) ;
- intérêt intuitif pour l’actualisation (ex. : « combien vaut 1 000 € dans 3 ans si le taux est 4 % ? »).
Séquence 2 — Intérêts simples et intérêts composés
Durée : 1 heure
Représentation (ligne du temps)
t = 0 t = 1 t = 2 ... t = n
|--------------|--------------|------------- ... ---|
C₀ Cₙ
Un capital \(C_0\) placé à la date 0 produit un capital \(C_n\) à la date \(n\).
A. Intérêts simples
Formule — Capitalisation en intérêts simples
\[C_n = C_0(1 + ni)\]
Intérêts produits : \(I = C_0 \, n \, i\)
Lecture : les intérêts sont calculés uniquement sur le capital initial \(C_0\), à chaque période. Ils ne s’accumulent pas.
B. Intérêts composés
Formule — Capitalisation en intérêts composés
\[C_n = C_0(1 + i)^n\]
Intérêts produits : \(I = C_0\left[(1+i)^n - 1\right]\)
Lecture : à chaque période, les intérêts s’ajoutent au capital et produisent eux-mêmes des intérêts lors des périodes suivantes. C’est l’effet des intérêts composés (ou « intérêts sur intérêts »).
Démonstration — Pourquoi \((1+i)^n\) ?
À la fin de la période 1 : \(C_1 = C_0 + C_0 \cdot i = C_0(1+i)\)
À la fin de la période 2 : \(C_2 = C_1(1+i) = C_0(1+i)^2\)
Par récurrence, à la fin de la période \(n\) :
\[C_n = C_0(1+i)^n\]
La clé est que la base de calcul des intérêts est le capital courant \(C_{t-1}\), non le capital initial — d’où l’exposant \(n\).
C. Comparaison des deux régimes
| Régime | Base de calcul des intérêts | Croissance |
|---|---|---|
| Intérêts simples | Capital initial \(C_0\) | Linéaire en \(n\) |
| Intérêts composés | Capital courant \(C_{t-1}\) | Exponentielle en \(n\) |
Remarque
Pour une même durée \(n\) et un même taux \(i\) :
- Pour \(n < 1\) (fraction d’année) : les intérêts simples donnent un montant supérieur aux intérêts composés.
- Pour \(n > 1\) : les intérêts composés donnent toujours un montant supérieur.
- L’écart s’amplifie avec le taux et la durée.
Exemple résolu
Un capital de 20 000 € est placé pendant 5 ans au taux annuel de 4 %.
Intérêts simples :
\[C_5 = 20\,000 \times (1 + 5 \times 0{,}04) = 20\,000 \times 1{,}20 = 24\,000 \text{ €}\]
Intérêts composés :
\[C_5 = 20\,000 \times (1{,}04)^5 = 20\,000 \times 1{,}21665 \approx 24\,333 \text{ €}\]
L’écart (333 €) représente les intérêts générés par les intérêts capitalisés.
Points de vigilance
Avant d’appliquer une formule, vérifiez systématiquement :
- Le taux exprimé (\(i\) en décimal, pas en pourcentage : \(0{,}04\) et non \(4\))
- La durée \(n\) (en nombre de périodes, pas nécessairement en années)
- La périodicité de calcul (mensuelle, trimestrielle, annuelle…)
- La fréquence de capitalisation (combien de fois par an les intérêts sont-ils capitalisés ?)
Séquence 3 — Actualisation et équivalence financière
Durée : 1 heure
Intuition économique
Si la capitalisation répond à « combien vaut un capital dans le futur ? », l’actualisation répond à « combien vaut un capital futur aujourd’hui ? »
Représentation (ligne du temps)
t = 0 t = 1 ... t = n
|<------------|<------------- ... --|
V₀ Vₙ
(valeur actuelle) (valeur future)
A. Valeur actuelle
Formule — Actualisation
\[V_0 = \frac{V_n}{(1+i)^n} = V_n \cdot (1+i)^{-n}\]
Facteur d’actualisation : \(a_n = (1+i)^{-n}\)
Lecture : \(V_0\) est la valeur aujourd’hui d’une somme \(V_n\) disponible dans \(n\) périodes. Le facteur \((1+i)^{-n}\) est toujours inférieur à 1 : une somme future vaut moins aujourd’hui.
B. Équivalence financière
Définition — Équivalence financière
Deux capitaux sont financièrement équivalents s’ils ont la même valeur actualisée à une date de référence commune, au même taux.
Pour comparer \(C_1\) versé à la date \(n_1\) et \(C_2\) versé à la date \(n_2\), on les ramène tous deux à une date commune (souvent \(t = 0\)).
Exemple décisionnel
Une entreprise doit choisir entre :
- payer 48 000 € immédiatement ;
- payer 52 000 € dans deux ans.
Le taux d’actualisation est 5 %.
Valeur actuelle du paiement différé :
\[VA = \frac{52\,000}{(1{,}05)^2} = \frac{52\,000}{1{,}1025} \approx 47\,166 \text{ €}\]
\(47\,166 < 48\,000\) : le paiement différé a une valeur actuelle inférieure. Toutes choses égales par ailleurs, il est financièrement préférable.
Pourquoi le taux d’actualisation n’est jamais neutre
Le choix du taux \(i\) reflète :
- le coût du capital (le rendement minimum exigé par les investisseurs) ;
- le risque (un projet risqué exige un taux plus élevé) ;
- l’inflation attendue ;
- la liquidité requise.
Un taux plus élevé pénalise davantage les flux éloignés dans le temps.
Démonstration interactive — Capitalisation vs Actualisation
Lire la démonstration
- La barre bleue (Capitalisation) montre \(C_n = C_0(1+i)^t\) : le capital croit avec le temps.
- La barre orange (Actualisation) montre \(V_0 = C_n / (1+i)^{n-t}\) : vue depuis la date \(n\), la valeur actuelle d’un flux futur décroît plus on s’éloigne dans le temps.
- La ligne pointillée indique \(C_0\) de départ.
Séquence 4 — Taux proportionnels et taux équivalents
Durée : 1 heure
Intuition économique
Un même taux peut s’exprimer sur des périodicités différentes (mensuelle, trimestrielle, annuelle…). Deux conventions existent, avec des implications très différentes.
A. Taux proportionnel
Définition — Taux proportionnel
Le taux mensuel proportionnel au taux annuel \(i_a\) est :
\[i_m = \frac{i_a}{12}\]
Logique : on divise simplement le taux annuel par le nombre de périodes. Cette convention ignore la capitalisation infra-annuelle.
B. Taux équivalent
Formule — Taux équivalent
Le taux mensuel équivalent au taux annuel \(i_a\) vérifie :
\[(1 + i_m)^{12} = 1 + i_a\]
Donc :
\[i_m = (1 + i_a)^{1/12} - 1\]
De façon générale, pour \(m\) sous-périodes par an :
\[i_p = (1 + i_a)^{1/m} - 1\]
Lecture : placer au taux mensuel équivalent pendant 12 mois donne exactement le même résultat que placer au taux annuel \(i_a\) pendant 1 an.
Démonstration — Taux équivalent
On cherche \(i_p\) tel que placer \(C_0\) pendant \(m\) sous-périodes au taux \(i_p\) donne le même résultat que placer \(C_0\) pendant 1 an au taux \(i_a\) :
\[C_0(1 + i_p)^m = C_0(1 + i_a)\]
\[\Rightarrow \quad i_p = (1 + i_a)^{1/m} - 1\]
Pour \(m = 12\) (mensuel) : \(i_m = (1 + i_a)^{1/12} - 1\)
Pour \(m = 4\) (trimestriel) : \(i_t = (1 + i_a)^{1/4} - 1\)
C. Taux annuel effectif global (TAEG)
À partir d’un taux périodique \(i_p\) et de \(m\) périodes par an :
\[i_{\text{annuel effectif}} = (1 + i_p)^m - 1\]
Exemple résolu
Pour un taux mensuel de 0,5 % :
\[i_a = (1{,}005)^{12} - 1 \approx 0{,}0617 = 6{,}17\,\%\]
Le taux annuel effectif est 6,17 %, et non 6 % (qui serait le taux proportionnel \(0{,}5\% \times 12\)). L’écart (0,17 point) représente l’effet de la capitalisation mensuelle.
Taux proportionnel ≠ taux équivalent
| Conversion | Formule | Prend en compte la capitalisation ? |
|---|---|---|
| Proportionnel | \(i_p = i_a / m\) | ❌ Non |
| Équivalent | \(i_p = (1+i_a)^{1/m} - 1\) | ✅ Oui |
En finance exacte (prêts immobiliers, obligations), on utilise toujours les taux équivalents. Le taux proportionnel n’est utilisé que dans des conventions simplifiées ou pour des durées inférieures à 1 an.
Séquence 5 — Annuités constantes
Durée : 1 heure 15
Intuition économique
Une annuité est un flux financier constant (versement ou encaissement) répété à intervalles réguliers. La question est : quelle est la valeur totale de ces flux, ramenée à une date commune ?
Règle d’or — La ligne du temps avant toute formule
Avant d’appliquer une formule d’annuités, tracez systématiquement la ligne du temps et répondez à ces cinq questions :
- Quelle est la date d’évaluation souhaitée (\(t = 0\) ou \(t = n\)) ?
- Les flux sont-ils en début ou en fin de période ?
- Y a-t-il un différé (les flux commencent après plusieurs périodes) ?
- Le taux et les flux sont-ils sur la même périodicité ?
- Doit-on capitaliser (aller vers le futur) ou actualiser (revenir vers le présent) ?
A. Annuités de fin de période (terme échu)
t = 0 t = 1 t = 2 ... t = n
|--------|--------|--------- ... ----|
A A A
Formules — Annuités de fin de période
Valeur acquise (à la date \(n\)) :
\[V_n = A \cdot \frac{(1+i)^n - 1}{i}\]
Valeur actuelle (à la date \(0\)) :
\[V_0 = A \cdot \frac{1 - (1+i)^{-n}}{i}\]
Lecture : \(A\) est le montant de chaque versement, \(i\) le taux périodique, \(n\) le nombre de versements. Les formules donnent la valeur équivalente de tous les versements à la date choisie.
Démonstration — Valeur actuelle des annuités de fin de période
La valeur actuelle est la somme des valeurs actuelles de chaque versement :
\[V_0 = \frac{A}{(1+i)^1} + \frac{A}{(1+i)^2} + \cdots + \frac{A}{(1+i)^n}\]
C’est une suite géométrique de premier terme \(A/(1+i)\), de raison \(1/(1+i)\), avec \(n\) termes. Sa somme vaut :
\[V_0 = \frac{A}{1+i} \cdot \frac{1 - (1/(1+i))^n}{1 - 1/(1+i)} = A \cdot \frac{1 - (1+i)^{-n}}{i}\]
B. Annuités de début de période (terme à échoir)
t = 0 t = 1 t = 2 ... t = n-1
|--------|--------|--------- ... ----|
A A A A
Chaque versement est avancé d’une période par rapport au cas précédent, donc il bénéficie d’une période de capitalisation supplémentaire.
Formules — Annuités de début de période
\[V_n = A \cdot \frac{(1+i)^n - 1}{i} \cdot (1+i)\]
\[V_0 = A \cdot \frac{1 - (1+i)^{-n}}{i} \cdot (1+i)\]
Lecture : il suffit de multiplier les formules de fin de période par \((1+i)\) pour obtenir celles de début de période.
C. Annuités différées
Si les versements commencent après \(d\) périodes de différé :
- Calculer \(V_{d}\) : la valeur juste avant le premier versement (à \(t = d\)) à l’aide des formules habituelles.
- Actualiser \(V_{d}\) jusqu’à la date souhaitée : \(V_0 = V_{d} \cdot (1+i)^{-d}\).
D. Perpétuités
Formules — Perpétuités
Perpétuité constante (versements infinis et constants) :
\[V_0 = \frac{A}{i}\]
Perpétuité croissante au taux \(g\) (\(i > g\)) :
\[V_0 = \frac{A_1}{i - g}\]
Lecture : quand \(n \to \infty\), le facteur \(1-(1+i)^{-n} \to 1\), donc \(V_0 \to A/i\). La perpétuité croissante correspond au modèle de Gordon-Shapiro utilisé en évaluation d’actions.
Séquence 6 — Cas pratique : constituer un capital
Durée : 1 heure
Situation
Une entreprise souhaite constituer dans 8 ans une réserve de 500 000 € destinée au remplacement de son système d’information.
Les versements sont effectués en fin d’année. Le placement rapporte 3,5 % par an.
Question principale — Calcul de l’annuité nécessaire
On cherche \(A\) tel que \(V_n = 500\,000\) avec \(n = 8\) et \(i = 0{,}035\).
On inverse la formule de valeur acquise des annuités de fin de période :
\[A = V_n \times \frac{i}{(1+i)^n - 1}\]
\[A = 500\,000 \times \frac{0{,}035}{(1{,}035)^8 - 1} = 500\,000 \times \frac{0{,}035}{0{,}3168} \approx 55\,244 \text{ €}\]
Vérification — Contrôle interne du modèle
Vérifiez que \(55\,244 \times \frac{(1{,}035)^8 - 1}{0{,}035} \approx 500\,000\). Tout modèle Excel doit comporter ce type de cellule de contrôle.
Questions subsidiaires
Q2 — Versements en début d’année :
\[A_{\text{début}} = V_n \times \frac{i}{(1+i)^n - 1} \times \frac{1}{1+i} \approx 55\,244 / 1{,}035 \approx 53\,373 \text{ €}\]
Verser en début d’année permet d’économiser environ 1 871 € par an.
Q3 — Taux limité à 2 % :
\[A = 500\,000 \times \frac{0{,}02}{(1{,}02)^8 - 1} \approx 58\,258 \text{ €}\]
Un taux plus faible impose des versements plus élevés (la capitalisation travaille moins).
Q4 — Versements fixes de 50 000 € :
\[V_8 = 50\,000 \times \frac{(1{,}035)^8 - 1}{0{,}035} \approx 452\,849 \text{ €}\]
Ces versements ne suffisent pas : il manquerait environ 47 151 €.
Séquence 7 — Synthèse et erreurs fréquentes
Durée : 45 minutes
Carte mentale du cours
Valeur temps de l'argent
│
┌────────────────────┼────────────────────┐
Capitalisation Actualisation Taux
C_n = C_0(1+i)^n V_0 = V_n/(1+i)^n ┌──┴──┐
Propor. Équiv.
│
Annuités
┌────────────────┼──────────────┐
Fin période Début période Perpétuité
V_0 = A·(…) V_0 = A·(…)·(1+i) A/i
Erreurs fréquentes à éviter
Erreurs mathématiques
- Utiliser \(5\) au lieu de \(0{,}05\) pour un taux de 5 %.
- Mélanger un taux mensuel avec une durée exprimée en années (sans conversion).
- Oublier les intérêts composés (utiliser la formule simple quand la période > 1 an).
- Décaler les flux d’une période (erreur de ±1 dans l’exposant).
- Confondre taux proportionnel et taux équivalent.
Erreurs de raisonnement
- Additionner directement des flux de dates différentes.
- Ne pas tracer la ligne du temps avant de calculer.
- Oublier de vérifier la cohérence entre la périodicité du taux et celle des flux.
Cinq réflexes à acquérir
- Tracer la ligne du temps avant toute formule.
- Vérifier la cohérence entre taux et périodicité des flux.
- Actualiser à une date commune avant de comparer des flux.
- Interpréter le résultat (que signifie cette VAN de 120 000 € ?).
- Contrôler le calcul par une formule inverse.
Exercices
Niveau 1 — Application directe
Exercice 1.1 — Un capital de 15 000 € est placé pendant 6 ans au taux annuel de 3 % en intérêts composés. Calculez la valeur acquise \(C_6\).
Solution 1.1
\[C_6 = 15\,000 \times (1{,}03)^6 = 15\,000 \times 1{,}1941 \approx 17\,911 \text{ €}\]
Exercice 1.2 — Quelle somme faut-il placer aujourd’hui pour obtenir 25 000 € dans 4 ans, si le taux annuel est 4,5 % ?
Solution 1.2
\[V_0 = \frac{25\,000}{(1{,}045)^4} = \frac{25\,000}{1{,}1925} \approx 20\,966 \text{ €}\]
Exercice 1.3 — Un taux mensuel de 0,8 % correspond à quel taux annuel effectif ?
Solution 1.3
\[i_a = (1{,}008)^{12} - 1 \approx 0{,}1003 = 10{,}03\,\%\]
(Et non \(0{,}8\% \times 12 = 9{,}6\,\%\) qui serait le taux proportionnel.)
Niveau 2 — Problème contextualisé
Exercice 2.1 — Comparer les trois offres de placement suivantes sur une base annuelle effective :
| Offre | Taux affiché | Périodicité |
|---|---|---|
| A | 4,8 % | Mensuel proportionnel |
| B | 4,7 % | Annuel |
| C | 4,6 % | Trimestriel équivalent |
Quelle offre est la plus avantageuse ?
Solution 2.1
Offre A — taux mensuel proportionnel \(4{,}8\% / 12 = 0{,}4\,\%\)
Taux annuel effectif : \[i_A = (1{,}004)^{12} - 1 \approx 4{,}91\,\%\]
Offre B — déjà sur base annuelle : \(i_B = 4{,}70\,\%\)
Offre C — taux trimestriel équivalent \(4{,}6\,\% / 4 = 1{,}15\,\%\)
Taux annuel effectif : \[i_C = (1{,}0115)^{4} - 1 \approx 4{,}67\,\%\]
Classement : A (4,91 %) > B (4,70 %) > C (4,67 %)
L’offre A est la plus avantageuse malgré un taux affiché inférieur à B, parce que sa capitalisation mensuelle génère un taux effectif plus élevé.
Niveau 3 — Étude de cas
Cas — Plan d’épargne retraite
Un cadre de 35 ans souhaite constituer un complément de retraite. Il envisage de verser 800 €/mois en fin de mois pendant 30 ans sur un contrat d’assurance-vie rémunéré à 3 % par an (taux équivalent mensuel à calculer).
- Calculez le taux mensuel équivalent au taux annuel de 3 %.
- Calculez le capital constitué à 65 ans.
- Si ce capital sert ensuite à financer une rente mensuelle pendant 20 ans (même taux), calculez le montant de la rente mensuelle.
- Quel serait l’impact d’une hausse du taux à 4 % annuel sur le capital final ?
- Rédigez une recommandation d’une phrase.
Correction
1. Taux mensuel équivalent : \[i_m = (1{,}03)^{1/12} - 1 \approx 0{,}2466\,\%\]
2. Capital à 65 ans (\(n = 360\) mois) : \[V_{360} = 800 \times \frac{(1{,}002466)^{360} - 1}{0{,}002466} \approx 800 \times 563{,}3 \approx 450\,640 \text{ €}\]
3. Rente mensuelle pendant 20 ans (\(n = 240\) mois) : \[A = 450\,640 \times \frac{0{,}002466}{1 - (1{,}002466)^{-240}} \approx 450\,640 \times 0{,}005543 \approx 2\,497 \text{ €/mois}\]
4. Impact d’un taux de 4 % : \[i_m = (1{,}04)^{1/12} - 1 \approx 0{,}3274\,\%\] \[V_{360} \approx 800 \times \frac{(1{,}003274)^{360} - 1}{0{,}003274} \approx 800 \times 693{,}6 \approx 554\,880 \text{ €}\]
Soit un gain de +104 240 € par rapport au scénario à 3 %.
5. Recommandation : À 3 % de rendement annuel et 800 €/mois de versement, le plan permet de constituer environ 451 000 € en 30 ans, générant une rente d’environ 2 500 €/mois pendant 20 ans ; une hausse d’un point de taux augmenterait ce capital de plus de 100 000 €, ce qui justifie d’arbitrer vers des supports plus dynamiques si le profil de risque le permet.